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Ethnopsychiatrie : Historique et filiations - Argument - Bertrand Piret

D 5 mars 2012     H 22:19     A     C 0 messages


Ethnopsychiatrie : Historique et filiations

Argument

L’ethnopsychiatrie n’est qu’une étape en regard de la longue histoire des multiples manières dont les cultures occidentales et leur science ont traité de l’altérité.

Dans les premiers temps de cette histoire occidentale on trouve les descriptions des missionnaires et des pionniers des premières colonisations. Des descriptions plus ou moins fantastique prendront leur essor, devenant plus tard ce qu’on a appelé les « syndromes liés à la culture ». Lorsque la colonie est mieux établie, l’administration va exporter ses techniques de soins et de contrôle avec l’institution psychiatrique. De là naîtront les premières tentatives de psychiatrie comparative avec Emil Kraepelin et son fameux voyage à Java.
L’étape suivante, au début du XXe siècle, sera celle de la psychiatrie coloniale comme discours pseudo-scientifique au service du discours politique colonial. Ses représentants les plus fameux sont l’école d’Alger et le psychiatre de la colonie anglaise au Kenya, C. Carothers. Face à ce discours hégémonique à l’époque, seules quelques rares voix se sont élevées, Franz Fanon en Algérie et Henri Collomb à Dakar.

La fin des colonies signe le début de l’immigration vers l’Europe. C’est le développement, à partir des années 60-70, de la psychopathologie de la transplantation et de toute une nouvelle clinique du transplanté et du déraciné. Les premiers dispositifs de soins spécifiques des migrants apparaissent.

Les années 80 voient se développer l’ethnopsychiatrie française, représentée par le courant mené par Tobie Nathan (à distinguer de l’ethnopsychiatrie au sens de la discipline fondée par Georges Devereux).

Les années 90-2000 marqueront une réduction des excès de cette ethnopsychiatrie française grâce à aux contributions de nouveaux chercheurs psychanalystes qui élaboreront, pour leur faire pièce, une clinique de l’exil.

La période contemporaine est plutôt marquée par une clinique l’exclusion, voire de l’asile, en lien avec l’accentuation des phénomènes de ségrégation et de répression en matière de migration.

À chaque étape, une figure différente de l’altérité se dessine, en écho aux conflits et aux préoccupations sociales du moment.

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