PAROLE SANS FRONTIERE - PSYCHANALYSE ET EXIL
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LA CONSULTATION PSYCHOTHERAPIQUE TRANSCULTURELLE DU C.C.P.S. de TOULOUSE par le Dr Nicolas VELUT

D 5 août 2004     H 23:17     A     C 0 messages


LA CONSULTATION PSYCHOTHERAPIQUE TRANSCULTURELLE DU C.C.P.S. de TOULOUSE

La consultation psychologique et psychiatrique du CCPS (Comité de Coordination Pour la Promotion et en Solidarité des communautés en difficulté) existe depuis maintenant une quinzaine d’années. Il s’agit d’un lieu où une secrétaire, une psychologue clinicienne et un psychiatre se proposent d’accueillir toute personne d’origine étrangère, et de prendre en compte sa souffrance psychique, en lien avec d’autres champs médico-sociaux du tissu institutionnel et associatif toulousain, et avec la collaboration d’interprètes statutaires ayant une formation et une expérience de la consultation polyglotte transculturelle.

Notre pratique clinique quotidienne nous confronte aux effets psychiques de l’exil, déplacement géographique et d’aire culturelle pouvant entraîner une perte des repères symboliques, projetant les individus dans un monde étrange, insensé, car ne pouvant plus garantir le système de représentations qui jusque-là était pour eux porteur de sens, ce qui vient souligner la dimension sociale et institutionnelle des processus de subjectivation. Il s’agit donc d’une clinique du désarrimage symbolique et du traumatisme psychique, ce qui explique que les prises en charges soient longues et pluridisciplinaires, faisant intervenir tant des équipes de psychothérapeutes que de travailleurs sociaux. En effet, l’acte thérapeutique aidant à la sortie de ce « non-sens » que peut être parfois l’exil, consiste souvent en une reconnaissance symbolique et réparatrice de l’institution à l’endroit du sujet.

La rencontre de « l’étranger », qui nous semble être le prototype de toute situation psychothérapique en ce qu’elle vient questionner notre propre rapport à la différence, est pourtant ici spécifique en ce que la frontière n’est pas qu’individuelle et symbolique, mais aussi réelle, au sens géographique et événementiel, et imaginaire, culturelle, faisant référence aux montages de représentations qui assujettissent à l’institution. Il nous semble donc important de ne pas méconnaître cette dimension, sans toutefois en faire une frontière figée et infranchissable, rivant chaque individu à sa propre culture, et réduisant la différence à une catégorie ethnographique.

Docteur Nicolas VELUT

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